Elowyn Tae’Ryth, Lodarien.
« Elowyn est au service du Palais depuis un nombre d’années que l’on ne compte plus. A ses débuts, elle fut souvent critiquée. Le droit de passe pour la forêt que l’Elu lui avait offert suscita beaucoup de jalousies, et nombre de mauvaises langues se plaisaient à dire qu’Elowyn prétendait rendre service à la Cité en se promenant à l’orée des bois. Les gardes qui l’accompagnaient lors de ses sorties savaient qu’il n’en était rien, et l’observaient craintivement parcourir de ses yeux sereins les abords de la forêt. C’est là qu’elle sélectionne depuis toujours ses meilleures herbes pour la concoction d’onguents. Elowyn n’a pas eu le choix d’intégrer le Palais en tant que guérisseuse. Le bouche à oreille clamait déjà ses talents lorsque l’on vint la traîner de force devant le trône de l’Elu. Celui-ci lui promit logement, nourriture, blanchissement et protection en échange de son service au Palais. On donnait à Elowyn l’impression qu’elle avait le choix, mais elle savait qu’en cas de refus, on la jetterait aux cachots pour trahison, ou pire encore. Durant les premières années de sa mise au service du Palais, la Lodarien subit nombre d’affres, d’injures murmurées ou d’humiliations publiques. Les pires rumeurs couraient sur elle. Celles-ci disaient que la femme aurait versé un poison dans le vin de l’Elu qui, envoûté, désirait la garder à ses côtés. On la traitait de sorcière, de voleuse et de menteuse, alors qu’Elowyn s’était trouvée là contre son gré. Un jour, l’Elu sombra dans une fièvre étrange et profonde. Ses médecins n’avaient su en définir la raison exacte, et toutes les infusions et décoctions qu’ils lui préparaient n’avaient fait qu’empirer son état. En ultime recours, on appela Elowyn. Quand la Lodarien entra dans la chambre de l’Elu, tous les médecins se confondirent en messes basses. La femme s’approcha de la couche et posa sa main sur le visage fiévreux. Un garde allait l’en empêcher, mais le geste du malade l’invectiva à n'en rien faire. Après quelques instants, Elowyn ôta sa main et ordonna qu’on l’accompagne à l’orée de la forêt. Les médecins présents se mirent à ricaner jusqu’à son retour. Elle leur présenta alors une bourse en cuir bourrée de plantes et leur demanda de la chauffer avec une flamme puis de laisser la fumée embaumer la pièce. Elle leur présenta également une fiole avec un étrange gruau noir qu’elle tendit à un autre médecin, lui indiquant d’une voix calme qu’il devrait le faire boire à l’Elu. Puis elle partit. Les médecins hésitèrent certainement nombre d’heures avant de prescrire cet étrange traitement au malade, mais les choses furent telles que, quelques jours après, on vint la chercher dans sa chambre du Palais pour lui dire que l’Elu la convoquait en audience. Ce fut le jour où elle reçut de sa main le titre honorifique de Pharmacienne. Depuis, les gens de la cour la saluent, s’inclinent même parfois sur son passage et les médecins n’hésitent plus à lui demander conseil. Elle loge à présent dans des quartiers plus beaux, non loin des appartements de l’Elu. » Dernière modification le 06/12/2006 par Eskarina |