Algor Thyroeil, Hérondenais.
« Algor a obtenu le titre de Grand Chef de manière très « simple ». C'est-à-dire qu’il en a hérité prématurément de son maître, Tild Boghon, décédé d’une crise cardiaque lors d’un dîner en l’honneur de l’Elu. On pourrait dire que la vie d’Algor, ce sont ses cuisines qu’il quitte rarement. Son père était un grand cuisinier et sa mère une sélecte boulangère, travaillant tous deux aux fourneaux du Palais. Bercé près du feu nourissant les cuisines, Algor fut sevré avec le meilleur lait de toute la province, se fit les dents sur les légumes les plus frais du pays et grandit grâce aux viandes et aux poissons de très grande qualité qu’il mangeait à chaque repas. L’équipe qui travaille dans les cuisines est sa famille. Elle l’a vu grandir et lui a inoculé le goût des bons produits, tout comme Algor a vu grandir d’autres enfants près des fourneaux. La curiosité et l’inventivité du Hérondenais firent de lui un membre unique et irremplaçable de la brigade. Il se forgea rapidement une place importante dans les cuisines, et son tempérament agréable lui attira les sympathies du chef, Tild Boghon. Ce dernier avait beau avoir l'âge de son père, un lien d’amitié très fort se tissa entre les deux hommes. Tant et si bien qu’ils en devinrent inséparables. Ils ne cuisinaient jamais l’un sans l’autre et leur créativité se décuplait lorsqu’ils travaillaient main dans la main. Un jour qu’ils avaient mis au point la recette de la caille farcie aux raisins et au foie gras, Tild lui promit de lui céder son titre de Grand Chef lorsqu’il prendrait sa retraite. Algor accepta cette offre avec joie, rougissant sous le poids de l’humilité. Mais il ne pensait pas que la succession arriverait aussi vite… L’on sait que les métiers de la bouche sont exténuants, qu’ils ne laissent aucun répit. Ni congés, ni repos, rien de tout cela pour la brigade de cuisiniers du Palais. L'appétit de l’Elu ne se mettra jamais en grève ! Mais les officiants aux fourneaux tiennent tant à leur place qu’ils ne sauraient trouver quelque paix loin des fours et des marmites… Algor pensait hériter du titre de Grand Chef avec des larmes de joie, or ce furent les larmes de tristesse qui emplirent ses yeux lorsque l’Elu en personne lui remit le certificat. Algor avoue n’avoir jamais connu plus grand honneur que celui de reprendre le flambeau tant chéri et soigné de son feu maître. » Dernière modification le 06/12/2006 par Eskarina |