| Le genre littéraire qui dominait les Vieux Arts était très rigide et laissait peu de place à l'originalité. Les récits devaient se plier à une multitude de règles, autant à propos des thèmes exploités que du style utilisé. Les écrivains devaient, entre autre, impérativement instruire (soit sur le plan émotif, soit sur le plan intellectuel ou philosophique) sans quoi l'œuvre était considérée comme inutile. Les protagonistes se devaient d'être idéalisés pour ainsi plaire aux gens qui avaient (et ont encore aujourd'hui) toujours tendances à s'identifier aux personnages. Jusqu'à tout récemment, ce genre littéraire (appelé "latarisme", en l'honneur de Vitalir Latharas) était imposé à tous ceux qui écrivaient. Il était terriblement mal vu de ne pas suivre à la lettre les règles et les conventions instaurées par le Lodarien philosophe; Latharas. Cependant, depuis une vingtaine d'années une explosion stylistique est en train de se produire. En effet, les gens en ont eu de plus en plus assez de lire et relire les mêmes textes et les mêmes histoires; ils ont pris goût à l'originalité des auteurs. Ainsi, depuis que Morance Bofian a écrit "Le plaisir du simple", les auteurs ont commencé à emprunter des voies diverses et variés. Ils hésitent encore pourtant à critiquer des individus ou des groupes d'individus tel qu'une caste de la société, quelle qu'elle soit, par peur de ne pas être récompensés par les directeurs ou reniés par leur mécène. Contrairement à la littérature, le théâtre a gardé toute sa rigidité d'autrefois. Même s'il n'existe pas de registre des conventions comme pour le latarisme, les pièces de théâtres (celles jouées en salle, puisque les animations de rues ne sont pas considérées comme tel) se conforment à un cadre très strict, devenu classique. Ce style est adoré de tous les publics même si ce ne sont que les riches qui peuvent y assister puisque ce genre d'activité est généralement très coûteux. Les rares auteurs qui se sont risqués à créer une pièce en dehors des normes ont été conspués par des masses de spectateurs mécontents. Ils ne purent donc pas continuer leur carrière puisqu'ils perdirent chacun leur mécène et les autorités refusèrent dès lors de céder la salle de théâtre pour des "calamités artistiques". Les pièces de théâtre ont donc nécessairement deux actes et cinq scènes par acte Une pause est généralement imposée entre les deux actes. Durant cet entracte, des breuvages et des mets légers sont offerts. Le nombre de personnages peut varier mais reste toujours symétrique. Ainsi, il peut y avoir deux, quatre, six ou même huit personnages dans une même pièce, à condition qu'il y ait autant de protagonistes que d'antagonistes. Il vaut mieux éviter les thèmes politiques et la controverse puisque ces propos ne peuvent pas plaire à tous. Les chef-d'œuvres théâtraux ont toujours un long crescendo suivi d'une chute magistrale, ce qui plonge le spectateur dans les émotions les plus intenses. La pièce de théâtre se clôt suite aux applaudissements des spectateurs tandis que tous les personnages défilent sur scène. En poésie, il n'y a aucune règle, aucune convention; il n'y a que des critères. Les poètes sont libres d'écrire ce qu'ils désirent, mais la qualité de leur travail est jugé en fonction de deux principaux éléments : le fond et la forme. Le critère de fond renvoie au contenu du poème. Les thèmes abordés et le sujet traité constituent les deux piliers de ce critère. Puisque tous les thèmes sont abordables (contrairement aux autres arts, la contestation sociale ou politique est acceptée), il est difficile de clairement délibérer des meilleures œuvres à partir de ce seul critère. C'est donc pourquoi le style, aussi appelée la forme, est primordial à un poème apprécié. Les rimes et autres jeux de mots (sonores ou non) sont particulièrement primés. Plus la structure du poème est travaillée et précise, plus le poème est considéré comme joli. Pour la peinture, la liberté artistique est totale. Les peintres sont libres de créer ce qu'ils veulent, y compris ce qui pourrait entraîner des conflits de toutes sortes. À noter cependant que ce sont principalement les portraits qui gagnent en popularité. Chaque noble désirant voir son visage accroché aux murs de son manoir. Les portraits (surtout les mieux réalisés) sont rapidement devenus un signe de richesse et d'influence. La qualité d'une peinture est jugée généralement sur la précision des détails et des coups de pinceaux du peintre. Ainsi, c'est principalement le talent manuel et la dextérité qui font le bon peintre. | |