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Elle était assise, et le banc de pierre de son jardin sur lequel reposait son joli fessier avait été frotté et poli comme chaques jours. On s'affairait autour d'elle, comme un essaim d'abeilles autour de sa reine. Elle avait exigé de prendre son déjeuner à l'air libre, auprès de ce rosier qu'elle affectionnait tant. Du bout des doigts elle voulut cueillir une des roses et s'y piqua. Son visage s'empourpra de colère malgré la poudre blanchâtre qui le recouvrait, elle se releva furibonde et ordonna à ses serviteurs de porter le repas à l'intérieur.
Maudite soit cette nature, pensa-t-elle tout en se rendant dans son cabinet particulier, où elle prendrait finalement sa collation.
Quelques semaines plus tard, le petit château de noble était déserté par la plupart de ses occupants, la lisière s'était déplacée jusque dans l'enceinte, et le jardin particulier de la jeune femme faisait déjà partie intégrante de la forêt.
La Cité Bürsten était un lieu de luxe, assuré par la finesse de marchandage de ses commercants. La réputation des Bürsten n'était pas à faire : capables d'influencer les esprits faibles, à l'époque, certains attribuaient celà à un pouvoir inné de ce peuple.
La Cité elle même était d'une splendeur incomparable, et la plupart des nobles possédait de somptueux chateaux où étaient donnés banquets et fêtes à profusion, les Bürsten aimant par dessus tout les jeux d'intrigues et les facéties des cours.
Lors des premières attaques de plantes, le peuple Bürsten était en plein conflit politique interne. Le conseil des Hauts-Nobles venait en effet de pousser le roi à décréter, contre l'avis du Conseil Nobilaire, l'imposition de taxes à tout un chacun, pour pallier à la crise économique qui frappait soudainement et sans raison. Ainsi peu fûrent ceux qui virent venir le désastre, et encore moins nombreux furent ceux qui en parlèrent, cela ne servant aucunement leurs intérêts d'inquiéter le peuple.
Ce fût lorsque les cargaisons n'arrivèrent plus que le peuple s'inquiéta. Peu de Bürsten exerçait des travaux manuels de subsistance, les ressources vinrent donc très vite à manquer. Les premières familles, les plus pauvres, commencèrent à périr, et face à la disette il fût décidé que le peuple entier quitterait les lieux.
Le peuple, qui était avant l'exode un peuple en très grande partie nobiliaire, dû se plier aux caprices du temps. Bien qu'imposant leur système de Noblesse aux autres peuples, ils perdirent bon nombre de ces dits Nobles parmi les leurs.
Bien qu'il existe peu de paysans Bürsten (ils sont en effet considérés comme hors normes, comme des barbares sans cervelle reniant leurs origines), on compte un bon nombre d'artisans, travaillant de leurs mains pour leur subsistance, faisant partie des petits et grands bourgeois.
Tout Bürsten se respectant se conduit de la façon la plus noble que sa condition le lui permet (signe extérieur de richesse). Obtenir une place importante dans la société est le but de n'importe quel Bürsten, quel que soit son âge. Les parents veillent en général à ce que l'enfant (qui représente l'honneur futur de la famille) recoive une éducation en adéquation avec son futur dès l'âge de 7 ans, qu'on le destine à devenir mage, guerrier, commerçant ou autre.
Un Bürsten est généralement un être fin et gracieux, au teint blafard. Un Bürsten au teint rougeaux ou à la musculature trop développée serait mal vu, tout comme un Bürsten trop gras ou trop laid. La beauté est une qualité qu'affectionne particulièrement ce peuple. Un Bürsten mesure entre 1m60 et 1m70 en moyenne, la taille jouant aussi sur le social (il ne faut pas être trop petit ou trop grand, mais entrer dans la norme de beauté).
Les Bürstens portent des masques, intégrales ou en loup. Pour renforcer la pâleur de son teint, il est de coutûme pour un Bürsten du monde de couvrir les parties visibles de son visage par une poudre blanche.
Bien qu'il soit rare de connaître l'âge réel d'un Bürsten et mal vu de le demander, on considère qu'un Bürsten vit en moyenne une centaine d'années.
Le régime matrimonial des Bürsten est monogame. On se marrie une unique fois dans sa vie, la séparation étant tout simplement interdite. Le pacte scellé lors du mariage est une garantie, autant pour la femme que pour l'homme. La lignée est patriarcale.
En contre-partie, l'homosexualité est courante, surtout masculine, et se développe dès l'enfance. On considère en effet que l'amour entre personne du même sexe est le seul amour "pûr" puisque ne menant pas à l'accomplissement d'un rituel animal de reproduction. Ainsi les enfants ayant atteint l'âge de raison (environ 7 ans), les petits garçons en particulier, sont poussés à l'amour uni-sexe. Il est courant que le couple ainsi formé ne dure pas toute une vie, puisque contrairement au mariage, on considère l'amour comme multiple.
Le Bürsten est généralement courtois, aimable avec ses égaux et flatteur avec ses supérieurs. Il traitera bien souvent avec douceur les affaires les plus graves, évitant la plupart du temps de choisir son camps avec fermeté, se laissant le temps de trouver le vainqueur.
La seule raison pouvant pousser un Bürsten à trancher est la question de l'honneur. Si l'honneur d'un Bürsten, de sa famille, ou d'un de ses amis est en jeu, alors la façade si calme et douceureuse du Bürsten fera bien souvent place à la fermeté et la froideur. L'honneur est le seul bien que les Bürsten pensent commun. L'honneur et la fierté ont plusieurs degrés.
Le premier degré est bien entendu l'honneur du peuple. Faire écran pour garder une image de papier glacé du peuple Bürsten. L'honneur d'une famille rejaillit toujours sur son peuple. Il faut donc toujours se montrer digne de son peuple. Ne jamais commettre d'erreur en publique, surtout pas en présence d'une autre race. En cas d'erreur, c'est tout le peuple qui dans un même mouvement tentera de réparer les pots cassés. Quand au créateur des ennuis...
Le deuxième degré est l'honneur de la famille. Lorsqu'il est question de cet honneur, il n'est en principe aucun arrangement possible. Remettre en question l'honneur d'une famille, déshonorer quelqu'un, sont des faits passibles de mort. Non par une quelconque justice, mais bien généralement par les membres de la dite famille déshonorée. Provoquer quelqu'un en duel à mort est bien souvent le dernier recours de ces familles. Tous les membres d'une même famille agissent dans un but semblable : faire jaillir l'honneur sur soi même et donc sur la famille.
Mais l'honneur personnel, le troisième degré donc, peut paraître en opposition aux deux autres formes d'honneur. On pourrait penser qu'en cherchant sa propre gloire, on risque de ne pas attirer la gloire du reste du groupe. Pourtant, en s'élevant comme membre honorifique d'une famille, on en reçoit la direction. Par conséquent on en devient le principal ascenseur vers la gloire et la renommée dans le peuple.
Un membre du peuple ayant déshonoré sa famille par ses actes se voit bien souvent abandonné à l'hostilité de la forêt... Un Bürsten est bien souvent orgueilleux, bien qu'il s'attache à réprimer ses penchants pour sa propre personne.
Pour le Bürsten élevé en Noble ou en Bourgeois, il y a peu de choses à dire sur les autres races : elles lui sont tout simplement inférieures. Bien sûr, certains membres sortent du lot, mais la race en elle même reste bien en dessous de la sienne.
Les Lodariens tiennent sur ce point la plus haute place du mépris. Les Bürsten les qualifient de "Bons à rien" et ne supportent pas d'en voir certains anoblis, même après des tâches spectaculaires.