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Il avait passé toute la journée aux champs. Les muscles encore durs d'avoir fouetté les blés, Hischma revenait en ville doucement, un brin d'herbe dans la bouche. Ce soir il ramenait deux gros oignons pour sa famille, ainsi qu'un sac de miches de pain que le propriétaire lui avait laissé. Finalement, cet idiot avait un cœur, petit certes, mais il n'avait pas pu le cacher longtemps.
Il arrivait face à la porte sud de la cité. Déjà il voyait les quelques gardes qui inspectaient sans vraiment y croire les gens qui rentraient et sortaient de la cité. Le soleil était haut ce soir, et de nombreux amoureux allaient en profiter en se couchant sur le sol, dans les blés, pour passer un agréable moment. Lui même, si il n'avait pas encore le repas à faire pour ses enfants, il aurait bien emmené son épouse non loin de là, et, qui sait, peut être lui faire un septième enfant. Un garçon ne serait pas de refus, il irait aider ses deux frères aux champs ... et assurerait à sa famille d'avoir un revenu agréable. Enfin. C'était bon de rêver.
Le paysan gagna rapidement sa petite maison de bois juste à l'entrée de la ville, dans les bas quartiers. Sa fierté : une maison dans les murs de la ville, protégée, et assez grande pour offrir une chambre aux enfants, et une aux parents. Il se jura de la repeindre à la fin de l'été.
Mais tout cela était l'avenir. Un bel avenir se dit-il...
Les Hérondenais sont un peuple assez simple. Leur vie avant la destruction de leur terre se résumait à exploiter les champs et les autres ressources naturelles des environs, à les vendre, et à en vivre quelques temps. Ils n'ont jamais connus de guerre d'expansion ou de crise interne majeure. Ils vivent simplement, profitant des plaisirs de la vie. Leur peuple s’était installé sur une des côtes du continent.
Les premières attaques des plantes et de leurs alliés végétaux furent un rude choc. La population entière des villages champêtres se retrouva face à un véritable dilemme : abandonner devant la nature, ou tenter de la maîtriser. Les plus vieux sages des villages conseillèrent de partir, mais les jeunes fermiers ne voulaient pas laisser leurs terres à la folie de la nature.
Ils organisèrent alors des chasses, des grands nettoyages, des friches autour des champs, ils coupèrent les arbres, ils luttèrent du mieux possible. Mais le combat était perdu d’avance, les bûcherons disparaissant de plus en plus vite, les plantes avaient le champ libre pour fondre sur les villages, et détruire tout ce que le peuple Hérondenais avait construit. L’exode fût donc le seul choix viable pour la survie du peuple et, le cœur meurtri, tous les villageois abandonnèrent leurs habitations.
On les qualifie souvent de "pauvres fermiers". En effet, leur mentalité avant l'exode les incitait à se regrouper en cités agricoles, basées autour d'une maison de ville, centre civil ou les ressources en trop étaient collectées en cas de coup dur, et où les décisions étaient prises par un conseil de ville, nommé parmi les fermiers les plus riches. Mais ce système n'a pas survécu à l'exode.
Les forces vives des Hérondenais ont servi à bâtir la cité, ses murs et ses maisons. Rapidement, les fermiers les plus riches adoptèrent le système de noblesse que les autres races mettaient en avant. Prenant de la distance avec les autres membres de la race, les nobles sont devenus une partie isolée du peuple Hérondenais. Cet isolement fût rapidement instauré par les autres membres de la race, ceux-ci ne voulant plus côtoyer des Hérondenais qui rejetaient leurs coutumes passées. Et tout aussi rapidement, les fermiers les plus riches, ceux qui pouvaient revendiquer des terres, allaient obtenir des titres de noblesses. La fracture sociale était dès lors mise en place, et allait perdurer. Les autres Hérondenais assez riches pour revendiquer des propriétés, mais désirant ne pas trop s'éloigner des coutumes anciennes, devinrent des bourgeois.
La grande majorité du peuple allait cependant conserver le plus possible leur façon de vivre ancestrale : simple, sans extravagance, mettant en avant le travail manuel. Une grosse majorité de la population Hérondenaise forme la population paysanne de la cité. C'est d'ailleurs leur race qui a "formé" la plus grande partie des paysans des autres races. Ils leur apprirent leurs techniques, et, rapidement, les paysans étrangers furent assimilés à la masse de paysans Hérondenais pour donner la paysannerie.
Les Herondenais forment un peuple simple pour les plus pauvres (les plus proches de leur ancien style de vie), mais qui peut aussi présenter des membres sophistiqués (pour ceux ayant acquis des titres ou du pouvoir). Les riches et les nobles sont perçus comme des "vantards" par les Hérondenais les plus simples, tellement éloignés de leur vie passée. Les nobles leur rétorquent alors qu'il faut évoluer, et que l'ancienne vie est terminée.
Les Hérondenais servent aussi la cité par les armes, et quelques un par la magie. C'est en effet un honneur pour eux de protéger les champs et les familles de leurs voisins. Qui plus est, obtenir une position qui offre un revenu confortable est toujours agréable ... tant qu'on garde les pieds sur terre.
Physiquement, les Hérondenais sont des individus bien bâtis. Les hommes comme les femmes ont une taille moyenne qui évolue entre 1m80 et 1m95 généralement. Le travail manuel, qu'ils affectionnent presque tous, leur offre la possibilité de sculpter leur corps avec des muscles fermes et efficaces. Leur pigmentation claire est cependant souvent bronzée par les heures passées sous le soleil à travailler. On retrouve chez eux tout style de coloration de cheveux et de barbes.
Leur durée de vie est dans la moyenne des autres races, entre 80 et 110 ans selon la robustesse de l'individu.
Le régime matrimonial des Hérondenais est basé sur les anciennes coutumes. La lignée s’établie par le père, et ce, auprès des autorités administratives de la cité. Ils sont monogames, et le mariage est souvent scellé pour la vie. La famille est très importante pour ce peuple, et le bonheur en ménage aussi. Les séparations sont rares, et mal vues souvent par les autres membres du peuple. Il est de plus totalement proscris pour un membre de la race d’être acceptés si il commet un manque à la fidélité envers sa famille. Généralement, ceux ayant commis ce genre de faute envers leur conjoint ou leur conjointe se retrouve exclus des villages.
Les Hérondenais sont simples. Pas simplistes, mais simples : ils ne chercheront jamais à compliquer leur vie, ni celle des autres. Manger, dormir, travailler, rire, élever sa famille sont des activités bien suffisantes à leurs yeux. La politique est une chose omise par le peuple en général, bien qu'au contact des autres races, les nobles et les bourgeois Hérondenais aient pris goût pour le jeu politique. Mais en général, l'Hérondenais se laisse vivre, agissant selon les besoins du moment.
Il faut noter cependant que le peuple Hérondenais est prompt à se mettre en branle pour défendre ce qui est cher à ses yeux. Le peuple armé et organisé représente souvent une force formidable pour les armées de la cité. De nombreux Hérondenais ont montré des aptitudes formidables à la défense de leur ville.
Les Hérondenais ont un reproche à faire aux Bürsten Im'Boden : selon les plus sages, le peuple des Bürsten Im'Boden a provoqué la séparation du peuple avec l’apparition des nobles. La faute ne vient sûrement pas que de cette origine, mais ce reproche est fort et souvent rappelé.
Les Sumberath sont pour eux des gens bizarres, mais fidèles en amitié. Sans atteindre la confiance de frères Sumberath entre eux, les Hérondenais et les Sumberath qui travaillent ensemble montrent souvent un fort lien d’amitié.
Les rapports avec les Racgnas sont assez neutre, l’orgueil de cette race ne plait pas trop cependant aux Hérondenais qui les côtoient.
Les Kardaag sont un peuple barbare et violent. Inutile de dire que peu d’Hérondenais apprécient ces aspects des hommes du froid. Cependant, leur valeur au combat et leur sacrifice tendent à effacer parfois leurs pires aspects.
Comme toutes les autres races, les Hérondenais rejettent les Lodariens. Cependant, ils sont plus à même de leur laisser une chance de prouver leur valeur. Tout se joue au niveau individuel.
Enfin, les relations avec les Midwerg sont difficiles, ceux-ci étant souvent au cœur même des problèmes ou des complications de la vie de tous les jours.
Les Hérondenais parlent l’Hérondéen en plus de la langue d'Âman, la langue commune de tous les peuples. Ils ont souvent une affinité pour la langue des Sumberath.